Elections américaines de 2004

Elections américaines de 2004

Ce dossier a été réalisé dans le cadre d'un projet de cours en histoire / géographie. Il est issu de mon cursus scolaire de première.

Editorial

Comment Bush a colonisé l'Amérique ?

Les élections américaines ont un aspect différent des élections françaises. C'est pourquoi, avant de les décortiquer, il faut en analyser le fonctionnement, aller fouiller dans les dédalles du net des brides d'informations qui permettront au final de mieux les appréhender.

Ensuite, les présidentielles rassemblent de multiples informations : les principaux candidats, leurs campagnes, les résultats provisoires. Cependant, se reposer uniquement là-dessus n'apporte qu'une partie de réponse. Il faut aussi voir les facteurs qui ont permis au candidat de remporter des voix.

L'ensemble des analyses portées, des critiques émises de la part d'une correspondante américaine, m'ont permis de mieux comprendre les Etats-Unis. Et même si la victoire de Bush reste flou et assez incompréhensible : les américains en eux-mêmes n'arrivent pas forcement à l'expliquer.

Pour mieux comprendre l'Amérique et ne pas rester uniquement sur les clichés : il est essentiel, voire primordial de chercher un contact sur le terrain : qu'il soit pro-Kerry ou pro-Bush.

Sur ceux, bonne lecture.

Les candidats

Sur la liste des candidats, seuls deux ont réussi à représenter l'Amérique : George Walker Bush (le président sortant) et John Kerry (sénateur américain du Massachusetts).

John Forbes Kerry

John Forbes Kerry naît un 11 décembre 1943 dans le Colorado. Son enfance mouvementée lui permet de voyager, surtout en Europe où il passe des étés dans une maison familiale située en Allemagne. Puis à l'âge de 11 ans, il part étudier en Suisse. Ce n'est qu'en 1956 et grâce au soutien financier de sa tante Clara Winthrop, qu'il s'inscrit à l'école Saint Paul située dans le New Hampshire.

Bien qu'isolé, comme le souligne l'article de Patrick Jarreau, il arrive néanmoins à s'imposer avec le Hockey sur glace dont son équipe est dirigée par Robert Mueller, futur directeur du FBI. Durant ses quatre ans d'étude, il développera son goût pour la politique et ses facultés d'orateur.

Quatre ans plus tard, il part étudier dans l'Université de Yale où, prit par l'engouement des discours, il obtient la place du président du Yale Political Union (association étudiante organisatrice de débats politiques). Cette opportunité lui permet de s'impliquer dans le mouvement des droits civiques et le programme de Nouvelle frontière de Kennedy. Il remporte, en mars 1965, il remporte le prix Ten Eyck du meilleur orateur pour un discours critique à l'encontre de la politique étrangère américaine. Grâce à son talent, il est choisi pour le discours de fin d'année de sa promotion.

Ainsi, il obtient de la part de John Shattuck, une invitation pour participer au club privé Skull and Bones Society où George Bush et G.W. Bush y sont également membres.

Suite au refus de son report pour des études à Paris, il se voit contraint de s'inscrire au service militaire. Il le commence le 19 août 1967 et s'engage dans les forces armées américaines pour combattre au Viêt Nam. Mais, en mars 1969, peu de temps après sa troisième blessure, l'armée signe le retour de John Kerry aux États-Unis. Il rentre au pays en avril et est officiellement déchargé de ses obligations militaires en mars 1970.

De retour, et suite à son expérience militaire, il décide de rejoindre le groupe des Vétérans du Viêt Nam opposés à la guerre : le VVAW. Il y participe activement : le 22 avril 1971, il témoigne devant des sénateurs sur les conditions de la guerre qu'il clôture par une célèbre réplique :

« Comment pouvez-vous demander à un homme d'être le dernier à mourir pour une erreur ? »

Il prend part à l'Opération POW du dernier week-end de mai 1971. Cependant, et malgré son activisme au sein du VVAW, ainsi que son désir de faire évoluer ses actions dans un cadre de non-violence et de légalité, Kerry ne parvient pas à empêcher la radicalisation de l'organisation et la quitte pour divergence de point vue.

Après des débuts difficiles dans le monde politique, John Kerry décroche une place en tant que Sénateur Démocrate du Massachusetts en 1985. Lors de son discours d'intronisation, il souligne le fait que sa victoire implique que cet état :

« Rejette la politique de l'égoïsme et la notion que les femmes puissent être traitées comme des citoyens de seconde classe ».

John Kerry ne s'est pas arrêté ici, il a continué à militer avec plus ou moins d'ardeur, soutenant que

« Je suis clair, sur ma volonté d'employer la force, si nécessaire, pour protéger nos intérêts dans le monde et, évidemment, la sécurité de notre pays.»

Ainsi, il se place contre les actions dernièrement menées en Irak et en Afghanistan, espérant que les erreurs commises seront réparées le plus rapidement possible. Mais avec les attentats du 11 septembre 2001, son opinion quant à l'avenir des États-Unis et de la politique étrangère reste mitigée.

Compléments
- Bibliographie officielle
- John Kerry, aristocrate de gauche

George Walker Bush

George Walker Bush (né le 6 juillet 1946) est depuis 2001 le président des Etats-Unis : son mandat sera probablement renouvelé suite à la victoire des élections présidentielles du 2 novembre 2004.

Né dans une famille de poids politique, son père était le 41e président des Etats-Unis, il étudie dans le célèbre pensionnat pour garçon de la Phillips Academy à Andover (ville située dans le Masschusetts). Il en garde de bons souvenirs puisqu'il dit :

« À Andover, dit-il, j'ai appris à réfléchir. J'ai appris à lire et à écrire comme je ne l'avais jamais fait auparavant. Et je me suis découvert un nouvel intérêt, un que j'ai gardé toute ma vie. Je le dois à un professeur de première qualité, Tom Lyons, qui enseignait l'histoire. Passionné par cette matière, il savait aussi communiquer son enthousiasme à ses élèves. Il m'a appris que l'histoire fait revivre le passé et ses enseignements, lesquels peuvent souvent aider à prédire l'avenir. »

Puis, grâce à l'influence de son grand-père, il se voit admis à l'université de Yale. Durant ses études, il participe, comme John Kerry, à une confrérie secrète (devenue célèbre par la suite) : les Skull and Bones.

Il fait son service militaire en s'engageant dans la Garde Nationale en 1968 où il devient pilote d'un F-102, ce qui lui permet d'éviter d'aller faire la guerre au Viêt Nam. Pendant son incorporation, il bénéficie d'un nombre exceptionnel de congés, ce qui lui permet de participer à des campagnes électorales. Après une condamnation pour possession de cocaïne en 1972. Il est tout de même admis, lorsque son service militaire se termine, à la prestigieuse université de Harvard où il obtient, en 1975, sa maîtrise en administration. Pour lui, cette maîtrise a été un tournant dans sa vie.

Dès 1979, il commence à s'intéresser au monde économique et décide de fonder sa propre entreprise : la Arbusto Energy qui fera faillite quelques années plus tard.

En 1988, son père élu à la présidence. Et durant cette même année, George W. Bush entend parler que l'équipe Texas Rangers cherche un propriétaire. Il réunit un groupe d'investisseurs fortunés, qui achètent l'équipe pour environ soixante-quinze millions de dollars. Désigné comme représentant de l'équipe, il participe à de nombreuses interviews, de nombreux discours, sa célébrité augmente de plus en plus au Texas. Dans ce contexte, il décide d'essayer d'obtenir un poste électif : celui de gouverneur du Texas.

Pour atteindre ce poste, il bat la démocrate Ann Richards. Il devient le premier gouverneur de cet État à remplir deux mandats complets de quatre ans. Sa politique est très remarquée pour l'utilisation prononcée de la peine de mort : il signe l'ordre d'exécution de la sentence judiciaire pour 152 condamnés.

A la fin de son second mandat, il décide de se porter candidat , obtient l'investiture de son parti en août 2000 et l'emporte sur le candidat démocrate et vice-président Albert Gore, le bras droit de Bill Clinton huit années durant, aux élections de novembre.

Le 11 septembre 2001, des attentats ont lieu sur les Twins Towers et sur le Pantagone, George W. Bush décide de réprimer les actes terroristes. Il instaure une politique sécuritaire (incarnée par le Patriot Act) aux États-Unis et désigne un Axe du Mal : Corée du Nord, Irak, Iran et plus tard la Syrie. Pour lutter contre le terrorisme, il entame des procédures de guerres en Irak pour renverser le régime de Sadam Hussein soupçonné de détenir des « armes de destruction massives ». Malgré les oppositions affichées par l'ONU : les troupes américaines débarquent en Irak le 20 mars 2003.

Dès lors, de nombreuses manifestations ont eu lieux, de nombreux débats ont été suscités. Mais le président reste unanime dans ses paroles :

« Our Nation - this generation - will lift a dark threat of violence from our people and our future. We will rally the world to this cause by our efforts, by our courage. We will not tire, we will not falter, and we will not fail. »

Pendant les élections présidentielles commencées le 2 novembre 2004, il a de nouveau été désigné par la population (51%) apte à diriger leur pays une seconde fois ...

Compléments
- Bibliographie officielle
- Biographie française de George Walker Bush

Buisson inaccessible
Le site américain de George W. Bush a été inaccessible par toutes les personnes ne résidant pas en Amériques. Une erreur Forbiden : access denied était affiché sur l'intégralité du site.

Les campagnes électorales

 Kerry Cartoon

Cette affiche publicitaire est loin d'être fausse : John Kerry est opposé de son rival, George W. Bush. Déjà de parties politiques opposés, leurs choix politiques portent des termes différents et très contrastés.

Leurs opinions politiques ont été clairement affichées lors de débats, où les deux candidats s'affrontaient mutuellement :

  • 30 septembre : à l'Université de Miami
  • 5 octobre : à l'Université de Case Western Reserve
  • 8 octobre : à l'Université de Washington
  • 13 octobre : à l'Université de l'Etat d'Arizona

Par ailleurs, il faut noter que les projets sont des souhaits ou des leurres pour attirer les électeurs. Donc, il faut garder à l'esprit que les candidats ne sont en aucun cas obligés de suivre l'ensemble de leur programme.

Voici leurs campagnes présidentielles sur les principaux thèmes des élections présidentielles.

Politique étrangère

Lutte contre le terrorisme

Bush : La politique offensive sera poursuivie grâce au budget de 417 milliards de dollars alloué à la défense (12% de plus que pendant la Guerre Froide).

Kerry : Une " nouvelle ère d'alliance " avec la communauté internationale sera inaugurée, et la CIA sera chargée de déstabiliser les États voyous.

Irak

Bush : Les troupes américaines resteront en poste " jusqu'à ce que leur travail soit terminé ".

Kerry : Les troupes seront rapatriées dans quatre ans. Soutenues par 40 000 nouveaux soldats, elles se limiteront au maintien de la paix. L'ONU veillera à la reconstruction.

Israël

Bush : La " feuille de route " adoptée en avril 2003, sera suivie jusqu'à la création d'un état palestinien.

Kerry : Le processus de paix sera relancé avec l'aide des leaders modérés du Moyen-Orient, donc sans Arafat. La légitimité de la barrière de sécurité ne sera pas remise en cause.

Cuba

Bush : La ligne dure sera maintenue : embargo commercial et visites dans l'île restreintes pour les citoyens américains.

Kerry : L'embargo ne sera pas levé, mais la libre circulation des visiteurs sera tolérée.

Sécurité intérieure

Bouclier anti-missile

Bush : Le déploiement des missiles intercepteurs débutera cette année.

Kerry : Le programme sera mis en veilleuse pour permettre l'embauche de nouveaux soldats.

Patriot act

Bush : Toutes les dispositions de cette loi, qui autorise une surveillance accrue des citoyens, seront renouvelées.

Kerry : Cette loi sera rescindée, parce qu'elle viole les libertés civiles. En revanche, 100 000 nouveaux policiers seront déployés dans les rues.

Justice

Peine de mort

Bush : Son application ne sera pas modifiée.

Kerry : Virage pour les démocrates, en faveur de la peine de mort depuis Clinton : elle sera abolie, sauf pour les terroristes.

Armes à feu

Bush : Les fabricants d'armes à feu seront protégés contre les recours légaux.

Kerry : Les fabricants seront passibles de poursuites civiles. Ils devront installer des dispositifs de sécurité sur toute nouvelle arme. Les armes semi-automatiques seront interdites.

Droit à l'avortement

Bush : Les nouveaux juges à la Cour Suprême devront être contre l'avortement, sauf dans les cas de viol ou d'inceste.

Kerry : Les nouveaux juges à la Cour Suprême devront être favorables à l'avortement, même pour les adolescentes.

Droits des homosexuels

Bush : La définition du mariage comme étant exclusivement l'union d'un homme et d'une femme sera préservée par tous les moyens.

Kerry : L'union civile entre homosexuels sera laissée à la discrétion des États. La définition des crimes haineux s'étendra aussi aux crimes commis envers les homosexuels.

Énergie et environnement

Pétrole

Bush : La production intérieure sera augmentée grâce à l'exploitation pétrolière de la Réserve faunique nationale de l'Arctique, en Alaska.

Kerry : Dans 10 ans, l'Amérique n'importera plus de pétrole du Moyen-Orient, grâce au développement des énergies propres financé par les redevances sur le pétrole et le gaz naturel.

Réchauffement de la planète

Bush : La réduction des gaz à effets de serre sera volontaire, encouragée par des avantages fiscaux plutôt que par des menaces d'amendes.

Kerry : Le protocole de Kyoto ne sera pas ratifié, mais l'industrie automobile se verra imposée des standards d'efficacité énergétique plus sévères et les usines devront réduire leurs émissions de mercure sous peine d'amendes.

Économie

Déficit

Bush : Le déficit record de 422 milliards de dollars sera réduit de moitié en cinq ans.

Kerry : Il sera réduit de moitié en quatre ans.

Impôt

Bush : Les réductions d'impôt de 1 700 milliards de dollars déjà accordées deviendront permanentes.

Kerry : Les contribuables dont le revenu est supérieur à 200 000 dollars ne bénéficieront plus de réduction d'impôt.

Commerce extérieur

Traités de libre-échange

Bush : Ils seront multipliés pour ouvrir de nouveaux marchés aux produits américains.

Kerry : Ils seront révisés selon une politique de commerce équitable en matière de main-d'oeuvre et d'environnement.

Ouverture des frontières aux produits canadiens

Bush : Une entente serait conclue sous peu pour le bétail, mais aucun assouplissement des tarifs sur le bois de main-d'?uvre n'est en vue.

Kerry : Ouverture incertaine, car les syndicats, plus protectionnistes que les républicains, forment une part importante de la coalition démocrate. Les déchets domestiques canadiens ne pourront plus être enfouis en sol américain.

Travail

Création d'emploi

Bush : De nouveaux avantages fiscaux encourageront la croissance des entreprises. Le salaire minimum ne sera pas augmenté.

Kerry : Les entreprises qui exportent des emplois à l'étranger perdront leurs avantages fiscaux. Le salaire minimum sera augmenté.

Régime de rentes

Bush : L'âge de la retraite passera à 67 ans. Conformément à la politique du droit de propriété, ceux qui désirent sortir du régime public pourront investir une somme équivalent à leurs cotisations dans un régime privé d'épargne-retraite.

Kerry : Le fonds de retraite ne sera pas privatisé. L'âge de la retraite restera à 65 ans.

Éducation

No Child Left Behind

Bush : Cette politique visant l'excellence scolaire sera bonifiée par un programme de bons d'études permettant aux élèves de fréquenter l'école publique, privée ou confessionnelle de leur choix.

Kerry : Le décrochage sera éliminé en cinq ans grâce à une réforme qui récompensera la performance, et non l'ancienneté des professeurs. Des crédits d'impôts faciliteront l'accès aux études supérieures.

Religion dans les écoles

Bush : La prière quotidienne sera encouragée dans les écoles.

Kerry : L'éducation et la religion resteront séparées.

Santé

Assurance maladie

Bush : Des crédits d'impôt faciliteront l'accès à l'assurance privée aux 40 millions d'Américains toujours non couverts. L'augmentation des primes sera contrôlée par des mesures limitant les recours légaux contre les médecins et les hôpitaux. Tout travailleur pourra cotiser à un régime individuel d'épargne-santé plutôt que de participer au régime de son employeur.

Kerry : Une injection de 76 milliards de dollars par année dans le régime fédéral Medicare permettra d'assurer 27 millions d'Américains à faibles revenus (y compris tous les enfants qui sont encore sans assurance). Les petites entreprises pourront se regrouper pour négocier des taux avantageux.

Recherche sur les cellules souches

Bush : Le financement public se limitera à la recherche sur les cellules souches adultes (prélevées sur le corps des patients). Tout clonage humain à des fins médicales sera interdit.

Kerry : Le financement de la recherche sur les cellules souches provenant d'embryons surnuméraires sera autorisé.

Lutte contre le sida

Bush : Seules les campagnes pour l'abstinence sexuelle seront subventionnées.

Kerry : Un programme d'éducation, d'information et de sensibilisation à toutes les méthodes de prévention sera créé.

Sources
- John Kerry for President
- George W. Bush
- Campagnes Américaines sur TV5 (animation flash)

Les résultats provisoires

Bien que John Kerry ai déclaré sa défaite de manière précoce, les résultats des élections américaines restent provisoires jusqu'à la fin novembre.

Voici la carte, provenant du site Aol News Elections 2004, montrant les résultats par Etats. Les Etats en rouge représentent ceux où George W. Bush a été déclaré gagnant, et ceux en bleu sont pour Kerry.

Les résultats

Sur l'ensemble des électeurs (soit plus de 110 millions), Bush est le président sortant avec 51% des votes et 286 "Grands électeurs". Son rival démocrate, John Kerry, en obtient 48% et 252 des 538 Grands Electeurs.

Les Etats-Unis se divisent cependant en plusieurs parties : ceux pour Kerry et ceux pour Bush.

L es Etats "Kerry"

Ils correspondent aux états situés à l'Ouest (la Californie, l'Oregon, Washington), près des grands lacs (Maine, Pennsylvanie, Minnesota, Wisconsin, Michigan, Illinois, New Hampshire, New York, Vermont), près de la côte Nord-Ouest (New Jersey, Massachusetts, Connecticut, Delaware, Maryland).

Kerry a également remporté sur les îles d'Hawaii.

Les Etats "Bush"

Il n'y a pas à discuter, les Etats, où Bush s'est imposé, sont beaucoup plus nombreux que son rival.

Ils se situent dans les régions montagnardes (Nevada, Idaho, Montana, Wyoming, Utah, Arizona, Colorado, Nouveau-Mexique), dans le Centre (Dakota du Nord, Dakota du Sud, Nebraska, Kansas, Oklahoma, Texas, Louisiane, Arkansas, Missouri, Iowa), vers l'Est (Indiana, Ohio, Kentucky, Tennessee, Alabama,Mississippi), vers la côte Est (Géorgie, Floride, Caroline du Nord, Caroline du Sud, Virginie, Virginie Occidentale) et l'Alaska.

Défaite de Kerry ?

Le soir même des élections, lors des premiers résultats, Kerry qui se voulait optimiste, déclare prématurément sa défaite. Ecrasé par les statistiques, il préfère s'avouer vaincu que d'entamer, comme Bush lors des élections de 2000, des procès pour déterminer le futur président. Le républicain qualifie le geste de Kerry d'élégant.

Cependant, cette déclaration arrive avant le dépouillement des bulletins provisoires de l'Ohio. De nombreuses rumeurs se mettent donc à parcourir le network et l'actualité américaine. Ainsi le journaliste Greg Palast, travaillant parfois pour la BBC, énonce une démonstration, un peu légère, sur « Kerry Won ».

Toutes sortes de théories de complots paraissent donc quotidiennement (Evidence Mounts That The Vote May Have Been Hacked etc.). Il est néanmoins correcte de concevoir de telles thèses puisque de nombreux sondages, principalement menés par la CNN, ont révélé que Kerry allait l'emporter. Or lors des élections présidentielles, les Etats les plus convoités (la Floride, et l'Ohio) ont voté Bush.

Par ailleurs, en tant que Français, le système de vote américain ne fonctionne pas sous le même principe, il a des particularités qui, normalement, permettent de représenter le choix des minorités.

Sources
- Elections 2004 suivies par AOL
- Carte Flash avec les résultats par Etats

Diviser le territoire

En tant qu'information complémentaire : diviser le territoire américain entre les Etats Bush et ceux de Kerry ne relate pas toute la réalité. En effet, les scrutins peuvent montrer que le président non sortant à reçu un nombre considérable de voix.

Les Etats les plus disputés entre les candidats portent le nom de Etat à cause. Lors des élections de 2000, il s'agissait de la Floride. Cette année, c'est l'Ohaio.

Sur les élections de cette année, de nombreux journaux n'hésitent pas à publier des cas de fraudes :

« Saviez-vous que, dans un bureau de vote de l'Ohio, dans lequel il y avait 638 électeurs d'inscrits, la machine électronique a compté approximativement 4300 votes pour Bush. C'est le petit Jésus qui doit être content! »

Journal étudiant Le MotDit, édition du 11 novembre 2003 (vol. 30, n° 5), p. 12

Compléments
- Article de Mark Morford sur pourquoi les grandes cités et les villes universitaires des Etats-Unis ont voté bleu (Kerry).

Le principe d'élection aux USA

Les élections présidentielles au USA se déroulent en plusieurs étapes. Elles commencent au début de l'année pour finir au mois de janvier de l'année suivante. Durant cette année, des délégués seront désignés lors des caucus et des primaires, poursuivie par l'élection des candidats lors des conventions nationales. Enfin, le Président et le Vice-Président sont élus sur le mode du suffrage universel indirect par le Collège des Grands Electeurs.

Primaires et caucus

Pour participer aux conventions des Délégués doivent être élus au sein de chaque parti politique (démocrate ou républicain) lors de conventions locales : les caucus ou les primaires. Elles se déroulent durant le mois de Février.

Note
On appelle Super Tuesday le mardi où se tiennent le plus de primaires et de caucus dans le pays le même jour.

Les caucus réunissent les membres d'un parti politique, ils y choisissent leurs délégués. Ces élus désignent les candidats estimés capables de représenter leur parti.réunissent les membres d'un parti politique, ils y choisissent leurs délégués. Ces élus désignent les candidats estimés capables de représenter leur parti.

Quant aux primaires, il s'agit d'un nouveau mode de sélection des candidats. Il apparaît au début du 20ème siècle et il en existe deux sortes :

Les primaires fermées : elles concernent toutes les personnes inscrites sur les listes électorales comme appartenant au parti politique concernée. Toutes les autres personnes ne se verront pas admises à participer. La plupart des primaires organisées sont fermées.

Les primaires ouvertes : toutes les personnes, sans distinctions, peuvent prendre part au vote. Les primaires ouvertes sont néanmoins plus rare que les primaires fermées.

Conventions nationales

A Chicago, Les Conventions Nationales des deux partis majeurs (Démocrates et Républicains) se déroulent durant l'été de l'année de la présidentielle. Elles désignent les candidats aptes à la présidence et à la vice-présidence de chaque parti.
En voici leur déroulement :

1er jour : Présentation
Le "leader" du parti préside et donne un discours de présentation du programme

2ème jour : Adoption du programme
On détermine l'éligibilité des membres qui siègeront et seront amenés à voter après le rapport du comité. Les délégués à la convention votent sur le programme (plate-forme) de leur parti .

3ème jour : La nomination
Nomination de chaque candidat par les délégués, suivie d'un discours de présentation de l'élu par le porte-parole.

4ème jour : Sélection du Vice-Président
Le nominé doit choisir un Vice-Président de telle manière à unir toutes les tendances du parti.

La convention se termine par les discours des nominés à la Présidence et à la Vice-Présidence.

Grands Electeurs

Les citoyens américains votent en faveur des candidats de leur choix à la présidence et à la vice-présidence, le vote débute le premier mardi suivant le premier lundi de novembre.

Les candidats obtenant le plus grand nombre de suffrages reçoivent la totalité des voix dont bénéficie cet Etat au sein du Collège des Grands Electeurs.

Le nombre des Grands Electeurs dont dispose chaque Etat est égal au nombre des élus de cet Etat au Congrès de Washington (soit deux sénateurs et un nombre de députés proportionnel à la population de l'Etat considéré). Le nombre total des grands électeurs correspond à 538 et est composé de 100 Sénateurs et 438 Représentants.

Les Grands Electeurs se réunissent pour élire officiellement le Président et le Vice-Président le premier lundi qui suit le deuxième mercredi de décembre. Les listes des votes des Grands Electeurs sont transmises au Président du Sénat, qui les ouvre le 6 janvier en présence des Représentants et des Sénateurs.

Le 20 janvier, date fixée par le 20ème Amendement en 1933, le Président présente son discours d'investiture au peuple américain. Ce jour s'appelle Inauguration Day.

Système à erreur

Malgré une organisation rigoureuse, ce système a montré des failles lors des élections présidentielles de l'an 2000. Le nombre des Grands Electeurs ne représentaient pas la majorité des Américains, le président ayant eu le moins de voix (en l'occurrence, Bush), s'est vu obtenir le poste de Président.

Dès lors, de nombreuses contestations sont apparues sur les lacunes du système. Mais on peut également se poser la question de "Comment vote un Américain ?" pour savoir si l'erreur n'est pas tout simplement humaine.

Sources
- Insite the USA : article sur les grands électeurs

Un électeur aux urnes

Un électeur, lorsqu'il se rend vers les urnes, s'est préalablement renseigné sur les campagnes électorales des deux candidats. La majorité des informations qu'il détient proviennent essentiellement de la presse écrite ou télévisé. De nombreux journaux n'hésitent pas à publier des éditions spéciales (par exemple : BBC).

Par ailleurs, un candidat peut trouver dans les deux campagnes des points qu'il accepte et d'autres qu'il refuse. Lorsque les deux campagnes tentent : laquelle choisir ?

Différents partis

Lorsqu'un candidat se présente pour les élections présidentielles, il représente l'intégralité d'un partis politique : démocrate ou républicain. La séparation, bien que peut inexistante, démarque un choix politique : quelqu'un qui se voudra pro-républicain élira le républicain, il en est de même pour le parti démocrate. Ainsi des électeurs arrivent pour voter les yeux fermés sur les différentes campagnes des deux candidats.

Bien que cette technique soit de moins en moins utilisée elle existe toujours puisque certains américains affirmaient :

Pour Bush
« If I vote for Bush, it's because he's republican ! ».
(BBC - 1 novembre 2004)

Pour Kerry
« I totaly agree with Kerry, because, i'm always agree with all off democrates ».
(BBC - 1 novembre 2004)

Cependant, et heureusement, d'autres personnes se basent sur des faits un peu plus concrets qu'un simple parti.

A lire
- Pourquoi les Underwood votent Bush

L'influence des célébrités

Elle est aussi contestée, voir considérée comme inexistante par certaines personnes, mais l'influence des célébrités joue un grand rôle lors des élections.

Lorsqu'un électeur ne sait pas quel candidat choisir, il passe son temps à lire, à écouter les médias, les commentaires des célébrités (...) considérés comme fiables, afin de peaufiner leur opinion, pour arriver à décider qui il choisira.

Les personnes, ayant un poids politique ou un rôle pouvant influer, se divisent en deux groupes : ceux pour Bush et ceux pour Kerry.

Cependant, les personnalités soutenant le Démocrate sont beaucoup plus nombreuses, et beaucoup plus en vogue aux USA.
On y trouve : Steven Spielberg, Michael Moore, Cameron Diaz, John Travolta, Justin Timberlake, William Rood (journaliste du Chicago Tribune et lui aussi vétéran du Vietnam), Jonathan Chait (journaliste The New Republic ), Paul Krugman (éditorialiste au New York Times), David Corn (journaliste à The Nation), Howard Stern (un des animateurs radio les plus écoutés des Etats-Unis), Steve Jobs (président d'Apple) etc.

Alors que Bush n'en a que très peu : Bruce Willis, Ricky Martin, Britney Spears, la chaîne Fox News, Bill Gates, Arnold Schwarzenegger.

Donc, du point de vue soutien de personnalités, Kerry disposait d'une longueur d'avance sur son rival George W. Bush.

Compléments
- Qui soutenait qui ?
- People : Qui vote qui ?

Autres sources

Les lobbies

Entre les stars, les revues, il existe une source d'influence qui est bien plus importante et bien plus présente aux Etats-Unis : « les lobbies ».

Les lobbies peuvent tout aussi bien être de l'ordre religieux, social voire économique. Leurs influences auprès de la population peuvent être multiples : organisation de manifestations, de grève, financement de publicités. Ils utilisent plusieurs techniques pour faire réagir la population de telle manière à ancrer dans la tête des citoyens leurs idéaux.

Par ailleurs, et contrairement aux pays de l'Union Européenne, les lobbies américains sont répertoriés afin de limiter leurs champs d'action.

Le feeling des candidats

L'autre problème des élections présidentielles correspond aux impacts que les candidats peuvent avoir sur le peuple. Les images, les clichés que l'on en donne ont pour but d'amadouer l'électeur. Ainsi, Bush affiche lors de sa campagne tout ce qu'il a fait pour l'environnement, tout ce qu'il a fait pour la paix, pour le chômage : il donne aux électeurs une vision d'homme terre-à-terre, très populiste, très cowboy, très Texan, très ordinaire ... Ce qui vu, de l'Europe s'avère faux.

Quant à Kerry, le simple fait qu'il fasse partie d'une élite, il est considéré comme froid, hautain, aristocrate et pour ça, beaucoup de gens le déteste. Or, en Europe, il s'avère que Kerry favorise les contacts, fait preuve de modestie, d'indulgence, de simplicité, et de volonté quant au maintient de la paix et des relations internationales.

Nous avons donc deux visions totalement opposées entre celles qui se sont imposées aux Etats-Unis, et celles qui ont vu le jour en Europe.

On a donc dans l'ensemble des cas, de multiples variantes qui tendent à faire choisir Bush et d'autres qui tendent à choisir Kerry.

Les lobbies

Un lobby est un groupe de pression ou groupe d'intérêt ayant pour dessein d'influencer un pouvoir public ou privé afin de refléter un point de vue.

L'origine du mot anglais lobby date du XIXe siècle et désignait les couloirs de la Chambre des communes britannique où les membres de groupes de pression discutaient avec les députés afin de les influencer.

En France, ce terme a une signification essentiellement péjorative, signifiant un groupe de pression plus ou moins secret voulant contraindre les décisions politiques de façon non démocratique.

Aux États-Unis, les lobbies sont institutionnalisés et permettent l'identification des différentes « factions » lors d'un débat. Différents acteurs se regroupent alors pour constituer un lobby.

Les lobbies utilisent souvent la pression du vote ou les dons aux campagnes électorales pour arriver à leurs fins. Ce système des lobbies est lui-même un débat aux État-Unis où des tentatives de régulation ont été faites pour limiter son aspect financier, accusé selon certains de favoriser une forme de corruption.

Il existe don de nombreux lobbies réparties dans différentes catégories : on peut aussi bien trouver le lobby des armes, que celui des cigarettes ou de l'informatique (microsoft par exemple).

L'importance des lobbies ne peut être ignoré mais comment fonctionnent-ils pour influencer ou renverser des élections ?

Compléments
- Définition du lobby
- A propos des lobby

Du lobby au pouvoir

On a découvert au fil du temps que les lobbies pouvaient changer le nombre de voix pour un candidat de manière importante. Les rassemblements de personnes ont des idées précisent qu'elles tentent d'affirmer ... même si pour cela, il faut corrompre le système politique américain.

Les lobbies apparaissent donc dans plusieurs parties des élections présidentielles :

  • Le financement des élections
  • La promulgation du candidat

Il en résulte une modification des campagnes électorales. Pour qu'un candidat soit sûr d'obtenir un maximum de vote, il ira jusqu'à modifier sa campagnes électorales pour séduire et obtenir l'adhésion d'un lobby.

Sur ce sujet, Jérôme Bellay, lors d'une interview publiée sur France5, affirme :

« Le lobbying est une affaire typiquement américaine. Ces groupes d'intérêt se déploient pour tenter de faire basculer le vote d'un côté ou de l'autre, par un soutien financier ou des promesses de vote, qui serviront ensuite leurs intérêts. »

Leur participation dans les élections ne s'éloigne pas du désintérêt. Cependant, ils n'attendent pas les présidentielles pour montrer qu'ils existent : ils affichent, chaque année, leurs positions sur des projets de lois. Par ailleurs, les lobbies cherchent à influencer les politiciens, et ensuite, ils essaient de rallier le peuple à leurs causes. Ainsi, dès que des campagnes électorales sont terminées, les candidats continuent à nouer des liens avec des lobbies.

Financement des élections

Les lobbies disposent de nombreux fonds financiers. Par exemple, les lobbies sponsorisés par Microsoft ont déversé plus de 6 millions de dollars à des candidats, des partis et des groupes d'action politique.

Les fonds servent à differents projets. Le principal est d'organiser la médiatisation du candidats, pour cela, il va devoir se déplacer dans plusieurs états, organiser des discours, participer à des débats politiques (pouvant être retransmis à la télévision ou la radio).

Ensuite, vient tout ce qui concerne la publicité : distribution de tractes, on placarde des affiches sur les murs, on envoie par la poste des lettres présentant les programmes électoraux, on crée également des centres d'informations sur les supports modernes (sites web, minitel, informations par téléphone ...).

Promulguer le candidat

L'intérêt d'un lobby à promulguer un candidat à deux objectifs.

Le premier est de donner plus de poids à un candidat : plus le lobby est important (dans le sens d'approuvé par la majorité de la population), plus le poids donné au candidat sera grand.

Le second correspond aux promesses du protégé. Pour qu'un lobby accepte d'aider un candidat, il faut que celui-ci lui fasse des promesses quant à d'éventuels décrets le concernant. Si ses dernières s'avèrent incorrectes voire non satisfaisantes, le lobby menacera le candidat en question de changer les votes, de réduire les fonds ... il s'agit, en effet, de chantage.

Le troisième est beaucoup plus subtile : dès qu'un lobby prend sous son aile un candidat, il doit en assurer sa publicité et des fonds financiers sur lesquels il appose sa signature. Donc, toutes les personnes étant partisantes du candidat sont considérées comme membres potentiels.

Exemple

A titre de rappel, nous savons que les Etats-Unis continuent jour après jour à contrôler l'ensemble de sa population, à surveiller les moindres conversations téléphoniques (...) cet ensemble de procédures à pour but de "protéger le pays du terrorisme". Les Américains se sentent donc dans un pays insécurisé, c'est pourquoi, beaucoup se munissent d'armes.

Note
Il n'y a pas que le terrorisme qui a favorisé l'achat d'armes. L'histoire du pays fait que l'individualisme est prôné, par conséquent, les fusils servent également à se protéger des dangers domestiques : voleurs, criminels, gangs ... Michaël Moore en parle dans Bowling for Columbine.

La NRA, un lobby signifiant National Rifle Association, a vu le jour en 1871. Elle a pour objectif de sécuriser les armes à feu. Depuis, ce lobby a évolué, et aujourd'hui, il participe activement à la vie politique.

En 2003, la NRA concentre ses effeorts au niveau fédéral sur :

  • Encourager le Congrès à voter une loi qui protégerait les fabricants d'armes de certains types de procès. La proposition « Protection of Lawful Commerce in Arms Act » (« Acte sur la protection du commerce légal des armes ») est aussi soutenue par la Chambre de Commerce des États-Unis, la National Association of Manufacturers (Association nationale des fabricants), et la National Association of Wholesaler-Distributors (Association nationale des distributeurs de détail). Il a trouve l'opposition de nombreux groupes favorables au contrôle des armes. La proposition a été repoussée le 2 Mars 2004, après que le Sénat y ait ajouté des amendements pour étendre l'interdiction des fusils d'assaut et refermer une faiblesse de la loi connue comme le « gun-show loophole » (« faiblesse de l'exposition des armes »). La NRA a modifié sa position et s'est opposé à la proposition après l'ajout de ces deux amendements. Ils doivent encore être présentés au vote au Sénat pour pouvoir avoir force de loi.
  • S'opposer au lobby du contrôle des armes qui essaye d'élargir et d'autoriser à nouveau une loi de 1994 qui interdisait de nombreux fusils semi-automatiques et certains types de chargeurs (qui retiennent les cartouches qui n'ont pas été tirées). Cette loi de 1994 doit expirer en 2004. Au contraire, le lobby du contrôle des armes tient à étendre ces interdictions et à les rendre permanentes.

Les lobby ont donc des influences aussi bien politiques (par leurs méthodes de pression) que lors des élections (par le soutien apporté aux candidats).

Compléments
- Liste des lobbies (avec leur appartenance politique)

Pourquoi Bush ?

Pourquoi George Walker Bush a été nommé une seconde fois en tant que Président des Etats-Unis ? De cette question, il faut entamer une procédure de décryptage sur quels sont les facteurs qui lui ont permis d'obtenir un nouveau mandat.

En tentant d'y répondre, il fallait bien sûr faire la biographie des deux principaux candidats, afficher leurs campagnes électorales, et comprendre le système politique américain tout en essayant de comprendre ce que pouvais voir un américain.

Un peuple divisé

Sorry

Les résultats des élections sont formels : la population se présente comme divisée. Certains affichent sur des sites tels que Sorry Everybody des messages d'excuses quant à l'issue des présidentielles.

Durant les années où Bush gouvernait, l'amérique s'était vu se fractionner, se diviser sur les choix politique du pays : la guerre en Irak, la construction d'un mur en Israël (...). Pendant ce temps, au sein même du pays de nombreuses crises sont apparues : chômage en hausse, développement de la pauvreté.

De plus, la déclaration émise par les USA a développé une hostilité avec les pays membres de l'ONU hormis l'Angleterre. Le pays se voit divisé de nouveau.

Pour renforcer la sécurité, de nombreux programmes de "crise" ont lieu : contrôle des conversations téléphoniques, vérification systématique des affaires personnelles, des arrestations intempestives ont lieu ... toutes ses mesures rendent le pays impopulaire par le peuple lui-même mais aussi par les étrangers.

Le peuple se veut donc de plus en plus divisé sur l'ensemble des politiques : aussi bien sur la politique intérieure que la politique étrangère, économique, industrielle, militaire ...

Comment ?

Aucune personne dispose de la faculté d'expliquer comment Bush a fait pour obtenir un nouveau mandat, qui plus est, avec autant de grands électeurs. La difficulté de cette entreprise, c'est que le network, les journaux, n'ont pas encore eu le temps de publier des éditions permettant de mieux comprendre les élections. Seules des bases hypothétiques peuvent être émises.

Les résultats provisoires nous montrent simplement que le républicain dispose de plus de voix, et de plus de grands électeurs que Kerry. Les statistiques ne permettent pas de donner ou de mentionner les lobbies ayant eu un rôle important, les personnalités ayant eu un poids politique, des appartenances religieuses, politiques ou sociales.

Un Européen aura tendance à dire que si Bush a gagné, c'est uniquement parce que le peuple américain le souhaitait. Si les chiffres sont arrondis, une partie de l'Amérique est pour Kerry l'autre est pour Bush.

Comme le mentionne le magasine Daily Mirroir avec "How can 59,017,382 people so be DUMB ?", la critique de la part des pays européens provoque ouvertement les élections américaines.

De plus, en tant qu'étranger à l'ensemble du fonctionnement américain, comprendre demande chercher et non interpréter de manière évasive avec comme support quelques articles à tendance polémique. Une compréhension, ne serait-ce que globale demande la synthétisation d'une dizaine de publications. Sans cela, le décryptage des élections présidentielles ne peut avoir lieu.

Un américain même avancé, ne saura jamais dire quelles sont les causes exactes qui ont permis à un candidat de gagner. Pour ceux qui pense qu'il faut se reposer sur les sondages, un contre-exemple suffira amplement : en Floride, le président sortant aurait, d'après les sondages, dû être Kerry. Il en a été de même pour de nombreux états.

Les portions de populations interrogées ne représentent donc nullement l'ensemble. D'où la complexité d'un décryptage. Cependant, et d'après les campagnes électorales, quelques hypothèses peuvent être émises.

Des hypothèses

Pour les hypothèses, j'ai fais appel à une correspondante américaine Mary. M. Sylvia qui a bien voulu répondre à mes quelques questions.

Aux Etats-Unis, on peut émettre 4 grandes hypothèses.

Les riches

Les riches ainsi que les capitalistes fortunés pensent qu'ils vont pouvoir garder et faire fructifier leurs fortunes grâce à Bush.

Les Conservateurs, républicains

L'ensembles des personnes conservatrices, républicaines n'apprécient pas les changements brutaux : ils adhèrent parfaitement à l'idéologie de Bush. Ils sont pour les valeurs traditionnelles : ce qui inclus les gens de la droite religieuse (les chrétiens fondamentalistes, les catholiques), des gens placés contre l'avortement, contre la liberté sexuelle ...

Compléments
- Retro VS Metro

Les américains banalysés

Beaucoup d'américains reçoivent une éducation minimale, les laissant ignorant devant la politique. Ils ont peur du terrorisme, du changement (économique, politique, social) et ils lèguent leurs votes à celui qui leur semble le plus adapté, le plus proche d'eux.

Q : Comment Bush fait-il pour que les américains votent pour lui ?

R : Je pense que les européens ne peuvent imaginer à quel point beaucoup d'américains sont mal éduqués, ignorant, et a qui on a fait "lavage de cerveau". Bush, comme beaucoup de républicains, fait appel aux émotions et fait croire au gens qu'avec lui tout va aller mieux, comme avant, même si ce n'est pas la réalité. L'évolution économique ne va pas faire marche "arrière", mais beaucoup d'ouvriers et agriculteurs sont pommés : ils ne comprennent pas que la globalisation et les autres changements économiques ont changé leurs vies pour toujours.

Idéologie extrémiste

Il s'agit de l'ensemble des gens qui ne pensent que par l'idéologie conservatrice américaine : chaque individu doit être responsable de lui-même.

Q : Que pouvez-vous nous dire sur l'idéologie conservatrice américaine ?

R : Les gens croient que c'est une faiblesse et même immorale de recevoir de l'aide ou des bénéfices, qui sont pour la liberté et qui pensent que le gouvernement c'est quelque chose de mauvais : les impôts sont un vol d'argent. Il leur impose des contraintes, soit au niveau individuel ou au niveau entreprise (free enterprise).

Mais

Mais tout ceci ne sont que des hypothèses, nous ne pouvons à l'heure actuelle ni les justifier totalement ni les rejeter. Un manque cruel d'informations (puisque les bulletins sont normalement secrets) ne permettra jamais de savoir qui a voté qui et d'en expliquer les éventuelles raisons.

On ne pourra donc, qu'éternellement, supposer ...

Sorry World

Aujourd'hui, de nombreux américains affichent leurs positions faces aux élections aux Etats-Unis : aussi bien leur mécontentement que leur honte.

Sorry Everybody ...

http://www.sorryeverybody.com/ affiche des photos d'Américains tenant dans leurs mains des panneaux :

« Everybody : Half of Ohio really, really sorry. Don't hate us. » (Photo 7)

« Dear World. I'm sorry, just so you know 49% of US are not retarded » (Photo 4572)

Correspondance

Mary Silva, correspondante américaine habitant depuis 1982 à Berkeley en Californie, travaille dans //the Evaluation Unit, Office of Undergraduate Advising , College of Letters and Science, University of California, Berkeley//. Actuellement, elle s'occupe des dossiers des étudiants : elle décide ou détermine si les élèves sont aptes à avoir leur diplôme.

Elle m'a fait parvenir une partie d'un email envoyé à un français lors des élections présidentielles de 2004. Avant de lire, elle tient à vous informer qu'elle n'est pas experte en politique, qu'elle peut faire des erreurs. L'orthographe et la grammaire de l'extrait ont été corrigés.

« On se pose la question si notre pays est devenu si différent que l'on s'y sent étranger.

On cherche des raisons : le puritanisme et le christianisme fondamentaliste pour soulager le fait d'être perdu dans un monde trop moderne et inhumain (surtout dans un pays manquant de services sociaux, comme le notre, basé sur le matérialisme et la dure concurrence du capitalisme ). Ou bien, des gens qui croient bêtement dans le mythe américain : n'importe qui peut devenir riche, donc ils votent pour les intérêts des riches et contre ceux qui leurs sont propres. Ou, l'ignorance profonde de beaucoup d'américains.

On raconte également que de nombreux citoyens ont voté Bush pour des raisons de "moralité" et des "valeurs (morales)" : parce qu'il est là pour la vie (donc contre l'avortement), pour les valeurs familiales (contre les mariages homosexuels). Il s'agit d'une réaction très émotionnelle et ces gens ressentent un besoin psychologique de la "religion" dans leurs vies que l'on ne peut agir contre.

Quelques fois, il nous semble que nous habitons dans un pays fasciste avec une conservation importante du "social" et du "religieux" très militarisé et autoritaire.

Je pense que Kerry n'a pas assez de charisme pour motiver le peuple émotionnellement - j'espère que dans 4 ans, nous aurons un candidat démocrate qui puisse gagner.

Un ami de John va partir vivre en Italie. Je ne pense pas que nous émigrons, mais nous nous questionnons sur l'avenir pour savoir ce qu'il faut faire pour améliorer le pays.

Je pense que ça va s'en dire, mais nous (mon mari et moi), et beaucoup d'autres americains, demandons pardon aux français et aux autres peuples pour la politique menée au sein de notre pays. De plus, je pense avoir choqué plusieurs personnes hier soir quand nous étions chez des amis, qui ont travaillé pour Kerry, en disant que tous les humains doivent avoir le droit de voter lors des présidentielles américaines. Le president americain a un si grand pouvoir sur le monde ... et les étrangers n'en ont aucun. J'ai bien appris la leçon à l'école primaire : à Boston, on a jeté dans la baie le thé des bateaux anglais pour manifester qu'ils n'avaient pas le droit d'imposer des taxes si l'on n'avait pas de représentants politiques ("No taxation without representation"). »

Libre arbitre

Partageant l'opinion politique de Mary, concernant l'intervention d'autres pays lors d'élections présidentielles, je dirais que cette idée s'avère utopique ... tout comme l'était la notion de république il y a quelques siècles.

Nous avons vu dans le cadre des élections américaines que le peuple s'était retrouvé conditionné : par des techniques de bourrage de crâne (+600% de reportages sur le terrorisme alors que les homicides reculaient de 20%), par de la publicité mensongère (Bush affiche tout ce qu'il a fait pour l'environnement durant un spot télévisé - sur Fox News) ... Ce conditionnement ne permet pas d'émettre un jugement objectif.

Voici pourquoi, rechercher l'objectivité dans les pays étrangers s'avère nécessaire. Ils occuperont donc un rôle de libre arbitre. Cependant, il faut y ajouter des limites : on ne peut pas demander à chaque citoyen étranger d'élire le président des Etats-Unis. Pour cela, il faut que des juges soient nommés par les pays pour savoir si le candidat en question est apte à remplir sa fonction.

Un regroupement des juges aura lieu dans la même année et aura pour objectif d'autoriser ou de rejeter la demande de candidature. Ce système permettra en effet d'avoir des pays plus puissant, une amélioration des relations internationales, on évitera les dictatures, les pressions.

Cependant, il montre une faille : si l'on part du principe que la balance judiciaire n'est jamais équilibrée, l'impartialité des juges pourra toujours être remise en cause. Et pour y palier, un système à point sera loin d'être suffisant.